LES INSOLITES DE COLETTE
A travers la faune néo-zélandaise
Ceux qui s’imaginent encore que la Nouvelle-Zélande a vingt fois plus de moutons que d’habitants vont devoir déchanter, il paraît que ce n’est plus vrai. D’après un chiffre révélé par l’association Meat and Whool, la proportion serait tombée à huit. En 1982, il y avait encore 22 ovins par habitant. Actuellement, il y en aurait 34 millions pour une population de quelque 4,2 millions d’habitants. Cette diminution de ce cheptel dans un pays où l’élevage ovin revêt traditionnellement une grande importance et sur lequel est basée une bonne partie de l’économie locale, est attribuée en partie à une sécheresse sans précédent. Pourtant quiconque a voyagé en Nouvelle-Zélande ne peut se résoudre à accepter un tel constat et se demande si cette chute vertigineuse du nombre des moutons est bien réelle car les prés en sont toujours aussi pleins, les boutiques regorgent d’articles en laine, sans compter l’exportation de viande abondante et délicieuse !
Mais que l’on se console avec la nouvelle qui suit. Comme la nature a toujours très bien fait les choses, au même moment on apprend qu’un tuatara de cent onze ans va être père pour la première fois. Cet animal appelé aussi sphénodon ou hattérie est actuellement le seul représentant de l’ordre des rhynchocéphales qui proliféraient il y a deux cents millions d’années. Ce reptile a quelque chose du lézard dans l’apparence et peut vivre une soixantaine d’années, sa croissance s’arrête autour de cinquante ans, il pèse environ 1 kg pour 61 centimètres de longueur moyenne, 500 g pour 45 cm chez les femelles. La longévité d’Henry, notre futur père qui vit depuis 1970 au Southland Museum d’Invercargill au sud de la Nouvelle-Zélande, est donc extraordinaire ! Ce reptile dont la libido semblait être entrée en sommeil depuis des lustres s’est accouplé mi-juillet avec Mildred, sa compagne âgée de 80 ans et on attend l’éclosion de onze oeufs dans six mois. Il convient de préciser que cette ardeur génésique lui est venue, ou revenue, après qu’il eut subi l’ablation d’une tumeur cancéreuse. Depuis, il a été installé dans un enclos avec trois femelles… L’espèce menacée d’extinction est donc provisoirement sauvée !
Les dessous de l’empire britannique
Il y a quelques jours s’est tenue à Derby, dans le centre de l’Angleterre, une vente aux enchères dont une des pièces proposées a quelque peu attiré l’attention. Il s’agissait, honni soit qui mal y pense, d’une culotte ayant appartenu à la reine Victoria. En coton fin, avec un tour de taille de 1,3 m, ornée du monogramme VR, Victoria Regina, et des armoiries, elle est datée de 1890. Le commissaire-priseur Charles Hanson estime que “cette culotte, étant donné sa provenance, est sensationnelle”, et de préciser que le monogramme et les armoiries permettent d’en assurer l’appartenance. Nous ajouterons qu’il ne s’avance guère en déclarant qu’elle prouve que la reine Victoria était “une femme très forte avec une petite silhouette et un tour de taille imposant”… Estimée à 500 livres, cette pièce qui faisait partie de la collection privée d’une famille britannique, a été vendue 4500 livres, quelque 5700 euros, à un Canadien qui a conservé l’anonymat. Lors de la même vente, un bustier de la reine Victoria a été emporté pour 4000 livres, environ 5000 euros, et une de ses chemises de nuit a atteint 5500 livres, soit 7000 euros.
Il semblerait que la lingerie impériale ou royale ait un certain succès et fasse même peut-être fantasmer. En effet, depuis le 1er avril dernier se tient au musée Sissi, dans les appartements impériaux du Palais de la Hofburg à Vienne, une exposition qui offre à la vue du public des pièces de vêtement ayant appartenu à Elisabeth, impératrice d’Autriche, reine de Hongrie. On y remarque des bas crème, un caraco de linon, une culotte et une chemise de nuit, tous sous-vêtements caractéristiques du XIXe siècle, en batiste ou coton fin, brodés, galonnés, plissés, avec des rubans ou des motifs au cochet !
Alexandrina Victoria de Hanovre naquit le 24 mai 1819 à Londres, régna sur le Royaume-Uni de Grande-Bretage et d’Irlande à partir de 1837 et devint en outre impératrice des Indes en 1876. Mariée le 10 février 1840 avec Albert de Saxe-Cobourg-Gotha dont elle eut neuf enfants, elle fut veuve le 14 décembre 1861. Après un règne de plus de soixante-trois ans, elle meurt sur l’Île de Wight le 22 janvier 1901. On n’ignore pas qu’elle fit de fréquents séjours sur la Côte d’Azur à partir de 1882, Menton, Cannes, Grasse, en 1891 elle découvre les charmes de Nice, elle y réside à plusieurs reprises, tout d’abord au Grand hôtel de Cimiez puis à partir de 1897 à l’hôtel Excelsior Regina Palace. Elle y vint pour la dernière fois en 1899. Elle faisait de longues promenades de découvertes et rendait souvent visite à d’autres impératrices qui étaient en villégiature ou en résidence dans la région, Elisabeth d’Autriche à Cap Martin, Eugénie de Montijo à la villa Cyrnos de cette même localité, Maria Feodorovna, veuve d’Alexandre III, aux Terrasses à Cap d’Ail.
Aimez-vous les voyages en autobus?
Si oui, vous en aurez pour votre argent, quelque 6 320 euros quand même ! A condition aussi de disposer de temps, 18 semaines pour faire les 22 000 km du trajet Londres-New York, en autobus naturellement, en passant par l’est à travers 13 pays différents, dont les Pays-Bas, l’Allemagne, la Russie, la Chine et le Canada.
Cependant, comme le véhicule ne sera pas amphibie et qu’il n’existe à ce jour aucun tunnel dans la région, il faudra tout de même prendre l’avion entre la Russie et l’Alaska et survoler le détroit de Bering. Le premier départ est prévu pour le 26 mars 2009 et l’arrivée est fixée au 2 août. Une liaison dans l’autre sens, New York-Londres, sera également possible. On roule huit heures par jour et on s’arrête évidemment quand les sites en valent la peine. Cette formule séduit jeunes et vieux et les véhicules sont toujours complets… Néanmoins, beaucoup de voyageurs préfèrent revenir plus banalement en avion !
C’est Oz Bus, une compagnie spécialisée dans le voyage audacieux qui organise ce périple, elle a été créée l’an dernier par Mark Creasey. Il a commencé avec le voyage de Londres à Sydney, toujours en autobus et il révèle que la ligne connaît un vif succès, le prochain départ du 14 septembre est déjà complet. Oui, de Londres à Sydney en douze semaines à travers 20 pays, via la Roumanie, l’Iran, la Thaïlande, l’Indonésie, le Timor oriental notamment. On ne peut parfois échapper aux ferries cependant ! Le soir, on campe ou on est hébergé dans des pensions de famille. Les participants installent eux-mêmes leurs tentes et participent à la préparation des repas avec des aliments achetés sur les marchés locaux. Cette aventure revient à 5 400€. Creasey a décidé de s’implanter aussi en Allemagne qu’il considère comme le plus important marché du tourisme en Europe. Une ligne relie donc Berlin à Sydney et bientôt on pourra aller de Londres au Cap. Pour les voyageurs qu’envahit la nostalgie de la grande époque népalaise, il existe une ligne d’Istanbul à Katmandu, en 49 jours à travers l’Iran, le Pakistan et l’Inde, en autobus mais aussi en train, en rickshaw et même à dos de chameau ! De très beaux circuits en perspective qui ne manqueront pas de vous séduire !
Colette DEHALLE.
Noël en été
Environ cent cinquante pères Noël et lutins venus des quatre coins de
la planète se sont réunis récemment durant trois jours à Bakken, un
parc d’attractions au nord de Copenhague, à l’occasion de leur 51e
congrès mondial. Comme toujours, le père Noël finlandais était absent,
il se refuse contre l’opinion de tous, à accepter que le Groenland
soit considéré comme le berceau du personnage chargé d’apporter les
jouets aux enfants.
Au programme de cet important colloque, déterminer la date du
réveillon et combattre l’embonpoint des participants. Le porte-parole
du congrès rappelle que c’est à nouveau la date du réveillon qui
suscite le débat chez les pères Noël, la majorité opte pour le 24
décembre mais certains irréductibles maintiennent que le 25 est une
date sacrée, pour d’autres enfin c’est le 6 ou 7 janvier, date du Noël
orthodoxe russe. Mais une question, d’après lui, semble éclipser les
autres, l’embonpoint des pères Noël. En effet, comme une partie
importante de la population, ils ont beaucoup grossi au point que
certains d’entre eux ne parviennent plus à pénétrer dans les
cheminées. Aussi a-t-il été décidé qu’on allait prendre des mesures et
tout d’abord leur faire faire de l’exercice en prévision de décembre
prochain. Pas question de suivre un régime draconien qui saperait leur
moral et nuirait à leur image débonnaire qui fait le charme du
personnage. Ils ont d’ailleurs tout de suite mis leurs résolutions en
pratique, une promenade de plusieurs km à bicyclette puis un défilé à
pied dans les rues de Copenhague, après ils ont évalué la qualité de
l’eau en y faisant quelques pas et ensuite se sont livrés à un
houla-hop endiablé.
Peut-être n’auraient-ils pas résisté à cette friandise qui vient de
voir le jour aux Etats-Unis et qui va certainement réjouir les
amateurs de glaces et ceux de bière à la fois… En effet, un
restaurateur d’Alexandria, chef-lieu d’un comté de l’État de Virginie,
à une dizaine de km de Washington, souhaite commercialiser de la bière
vendue sous forme d’esquimaux. Comme souvent avec les grandes
inventions culinaires ou apparentées, il s’agit d’un oubli bien vite
réparé ! Franck Morales, le chef du restaurant Rustico de cette
localité de plus de 120 000 habitants de la rive droite du Potomac, a
oublié des bières parfumées à la cerise dans son congélateur. Quand il
les a découvertes, plutôt que de les laisser fondre et peut-être
constater leur altération, il lui est venu à l’idée de les
commercialiser comme de vulgaires esquimaux ! On sait combien la
législation des Etats-Unis est tatillonne en matière d’alcool, aussi
attend-il de savoir quel sera le statut de ce nouveau produit.
CD